Méditation pour Noël

Gloire à Dieu

Depuis toujours, le Sens !

D’où est venu à l’homme ce sens de notre monde ? Comment monter si haut pour nous le délivrer ? Mais où avoir appris la signification de tout ce qui existe ? Avant cet évangile y était-on parvenu ? Par ses propres moyens, en regardant le monde, l’homme le pouvait-il ? Et qu’entendons-nous dire, aujourd’hui, en lisant l’évangile tel que Jean l’a écrit ? Des choses époustouflantes, à vous couper le souffle et qui sonnent très vraies ! Ah que l’homme est grand et le monde sensé quand on entre à fond dans les pensées de Dieu ! Le regard s’élargit, il embrasse l’histoire, il en saisit toute l’orientation. L’homme n’apparaît plus comme étranger au monde, perdu dans le non-sens, démuni de boussole. Le monde n’est pas vide, enfermé sur lui-même et puis tournant en rond. La vie ne germe pas comme par pur hasard.

Le « sens » imprègne tout.

Une intention, un temps tenue secrète, a tout fait exister et fait tout subsister. Le sens est l’essence de la réalité. Certes ce n’est pas l’impression de nos contemporains. Est-ce suffisamment celle des chrétiens ? Pourtant ne sont-ils pas mieux placés que quiconque pour affirmer le sens comme élément premier à « tout » ce qui existe ?

A « tout » sans exception !

De telles assertions tiennent-elles debout ? Ne vont-elles pas à l’encontre de tout ce qu’on entend ? Ne sont-elles pas démenties par la réalité ? Que voit-on tous les jours sinon tout le contraire ? Que la vie s’accélère de manière insensée, qu’il faut toujours courir, beaucoup se fatiguer, pour peu de résultat. Que partout c’est la guerre larvée ou déclarée et qu’il est difficile de percevoir pour quoi tant de mal se répand ? N’a-t-on pas déclaré, que les journées des hommes sont scandées par des temps aussi répétitifs qu’ennuyeux et  barbants ?

Le sens ne se sent pas.

Est-il vraiment là ? Si l’homme était heureux, peut-être tout irait mieux, mais comme il ne l’est pas, le sens non plus n’apparaît pas. Et pourtant, malgré tout cela, voici donc le Prologue, le poème de Jean. Il dit tout le contraire de ce que nous pensons. Pour l’écouter c’est vrai, il faut faire silence, se laisser emporter par cette élévation qui monte jusqu’au ciel mais sans quitter la terre. Pour l’entendre, il faut, ça paraît évident, se rendre disponible à ce qui se murmure à l’intérieur de soi et amène jusqu’à nous le chant de l’origine. Pour ceux qui restent collés à la surface des choses, simplement préoccupés de l’heure des horloges, trop lourdement plombés par les gains qu’ils empochent, ceux-là ne sentent rien du bien fondé du monde. Mais pour celui qui s’ouvre aux sons qui vibrent en lui, il entend les échos du sens qui préexiste…à toute création.

Au commencement le Verbe, à l’origine la Parole : J’écoute !

Avant que tout soit fait, une intention est là. Du sens préside à ce qui se passera. Du sens hors du monde mais qui ne le restera. Le Verbe, la Parole, le Projet était auprès de Dieu, était Dieu. Ineffable ! L’évangéliste répète, on doit vraiment entendre, que le Verbe était au tout commencement…(Jn 1,2) en même temps qu’il était Dieu absolument. Ainsi voulant chanter l’identité du monde, l’évangéliste remonte jusqu’à l’action de Dieu et dans un même souffle fait entendre la suite : « Tout fut fait par lui et sans lui rien ne fut » (Jn 1, 3) Sublime évocation d’un monde qui fut fait sans que rien n’échappe au Verbe créateur. Et ce « tout » qui fut fait avait la vie en lui. Cette vie jaillissante, qui est aussi lumière porte en elle le sens.

Ecoute  Homme, la vie !

La vie porte en ses gênes de quoi se repérer et s’orienter vers le sens plénier. Malheureusement l’homme ne sait pas écouter. Heureusement la vie qui délivre son sens, résiste, subsiste et malgré les ténèbres continue de briller. Puis encore plus surprenant, Le Verbe qui est Dieu  se révèle ici en ce monde. Un témoin l’a perçu. Il l’a fait savoir… D’autres l’ont reconnu. Celui dont on parlait en contemplant le Verbe tout au commencement, c’est lui qui maintenant se montre humainement. Celui qu’on écoutait à l’intérieur du monde on a pu un moment, le voir. C’est le temps de Noël qui va jusqu’à la Croix. Le sens a un visage. Des hommes et des femmes en ont fait l’expérience et nous l’ont transmis.

Depuis toujours, le sens !

Le sens a un visage…

Noël c’est Jésus-Christ,

le Verbe du commencement.

25/12/2010

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