Pour Lui

Est-ce ainsi que tu vis ? Drôle de question, n’est-ce pas ? Qui est Dieu pour toi et qui es-tu pour lui ? Oui Dieu, comment le percevons-nous ? Quelle relation avec l’homme ? Et l’homme, quelle compréhension de lui-même ? Quelle conscience de son être, de son origine, de sa fin ?

Les uns pensent une chose les autres en pensent une autre. Il n’y a pas sur Dieu comme sur l’homme de paroles exhaustives et contraignantes pour tous. Le sujet est ouvert, les questions subsistent, les réponses varient, la liberté est engagée.

La liberté est engagée.

Au temps de Jésus le problème est le même. Sadducéens et Pharisiens ne croient pas de la même manière. Pour les premiers, l’homme ne sera pas ressuscité contrairement à ce que pensent les seconds. Sans en avoir vraiment conscience, à propos de la résurrection, ils engagent chacun à leur façon une vision de Dieu. Jésus interrogé sur ce sujet contesté va prendre position. Les Sadducéens argumentent. La résurrection énoncent-ils, s’avère impensable car elle aboutirait à des situations cocasses. Par exemple, et ils présentent un cas d’école, à propos de l’application de la loi du Lévirat (Exode.) La survie du peuple hébreux est très importante. Aussi ne peut-on laisser une veuve sans progéniture. Mais alors qu’adviendra-t-il d’elle, s’il y a résurrection ? Admettons qu’elle soit épousée autant de fois qu’elle reste veuve sans enfants. Pourquoi pas jusqu’à sept fois ? Alors disent les Sadducéens au cas où elle ressusciterait de qui serait-elle l’épouse ? De l’un ou de l’autre ou des sept à la fois ? On sent bien dans cet enchaînement quelque chose qui cloche.

Mais quoi ?

Jésus va-t-il lever l’ambiguïté ? Écoutons sa réponse et saisissons mieux le lien entre conception de Dieu et avenir de l’homme. D’abord voici une première clarification : qui dit résurrection dit changement de mode d’être, transformation. Non pas annulation du meilleur de nous-même mais subsistance de celui-ci d’une façon autre, indisponible à nos sens. Nous serons « comme des anges » dit Jésus, expression qui veut tout simplement dire que nous serons dans le monde de Dieu, que nous serons fils de Dieu, apparentés à Dieu. Jésus fait donc savoir aux Sadducéens que pour approcher le sens de la résurrection ils doivent cesser de transposer purement et simplement en Dieu ce qui est vécu sur la terre. Sinon il est vrai on parvient à des situations cocasses, à une impasse, comme celle qui vient d’être énoncée. Mais Jésus n’arrête pas là son argumentation. En effet dit Jésus, en se situant sur le même terrain biblique que ses interlocuteurs, le livre de l’Exode, Dieu se manifeste à Moïse comme le Vivant qui a scellé une alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. Dieu s’est engagé vis à vis de l’homme et cet engagement est de même nature que Dieu lui-même, c’est-à-dire éternel.

La mort physique ne peut abroger l’Alliance.

La puissance de Dieu fait subsister l’homme au-delà de la mort et le fait subsister en sa divinité. Tel est l’aboutissement de l’Alliance selon le Dieu d’Abraham d’Isaac et de Jacob, ce Dieu que Jésus vient pleinement nous révéler. D’où ne pas croire à la résurrection revient à ne pas croire au Dieu d’Abraham, à ce Dieu qui s’est engagé irrémédiablement et amoureusement avec l’homme, qui a scellé un pacte d’amour avec lui. Est-ce notre conviction, notre foi ?

Dieu, Le Vivant, nous veut vivants comme Lui.

Avions-nous fait ce lien entre résurrection et Dieu ? Souvent nos objections à propos de la résurrection relèvent des mêmes arguments que ceux des Sadducéens. On ne peut douter de la résurrection et se dire croyant en Dieu. Car Celui qui nous crée nous donne son éternité. Il nous a faits pour Lui donc pour toujours.

Alors, revenons aux questions du début. Dieu comment le percevons-nous ? Quelle relation avec l’homme ? Et l’homme que nous sommes vivra-t-il avec Lui ?

Nous sommes faits par Lui et pour Lui ?

Pour Lui ?

Vraiment ?

07/11/2010

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