La conversion d’un riche



« Reçois-le… ! »

C’est une invitation, vous l’avez bien compris, inspirée par l’expérience de Zachée. Et de qui s’agit-il ? De Dieu évidemment ! Évidemment vraiment  ? Recevoir Dieu chez soi est-il si simple que cela ? Notre expérience, peut-être, nous fait croire le contraire. On a tant dit de choses sur Dieu et son contraire, que personne ne se sent assez digne pour penser vivre avec Lui. Dieu comment l’atteindre ? Tous nos étirements, spirituels s’entend, n’y parviennent même pas. Lui semble toujours au-delà.

Reçois-le… !

Dans notre rapport à Dieu quelque chose ne va pas. On passe toute une vie en pratiquant au mieux et, comme résultat, pas de grands changements. Toujours les mêmes questions, les mêmes impressions, toujours le sentiment que l’on n’avance pas. On peut dire que la chose se comprend, car Dieu est tellement grand qu’il n’est pas étonnant que nous, gens limités, nous ne l’approchions pas. On nous dit bien et même, nous le tenons fermement pour vrai, que Dieu s’est incarné, qu’il s’est donc rapproché mais au terme de notre propre expérience, le résultat est là que Dieu ne se voit pas, ne se sent pas et que d’une certaine façon nous sommes toujours en manque.

Est-il si loin que cela ?

Zachée eut de la chance. Il ne s’y attendait pas. Aucune préparation n’avait précédé ce qui allait se passer. Du haut du sycomore où il était monté pour plus de commodité, il voulait voir Celui, Jésus, dont on parlait. Il l’a vu en effet. Et les répercussions en lui ont dépassé ce qu’il aurait pu imaginer. Lui, un publicain et même un chef des collecteurs d’impôts, s’entend interpeller par le rabbi qu’il voyait. Était-il en état de s’approcher de lui ? Lui le pécheur, le réprouvé, dont il est inutile de répéter ce que déjà l’on sait, pouvait-il accepter d’héberger sous son toit cet homme de Galilée qui étonnait et finalement ne laissait personne indifférent.

Reçois-le…!

Et pourquoi pas ? Cet homme dont nous croyons qu’il est Dieu a demandé lui-même de devenir l’ami de ce pécheur public. Les murmures des autres disent assez que ce n’est pas normal. (Lc 19, 7). Que si Jésus savait, il ne le ferait pas. (Lc 7, 39). Et pourtant si, il le fait ! Et d’ailleurs comment ce pourrait-il qu’il en soit autrement. Aucun homme n’est juste dans son rapport à Dieu, si Dieu ne le justifie pas (Lc 18, 14). Dieu en Jésus Christ invite le percepteur Zachée à lui offrir l’hospitalité. Impensable et pourtant vrai ! Dieu n’attend pas de l’homme qu’il soit rendu parfait pour venir demeurer sous son toit, car si Dieu l’attendait, jamais il n’y aurait cette possibilité. Être au niveau de Dieu, fut-il homme en Jésus Christ, ne relève d’aucune force humaine. Aussi que reste-t-il d’autre à faire que de le recevoir quand il s’invite à demeurer chez nous ? Zachée n’était pas vraiment digne et pourtant Dieu s’est invité chez lui. Le publicain du Temple se frappait la poitrine en demandant pitié (Lc 18, 13), l’aveugle sur la route en faisait tout autant (Lc 18, 39) et le Centurion suppliant pour l’esclave malade reconnaissait qu’il n’était vraiment pas digne de recevoir Jésus chez lui. (Lc 7, 6). Zachée réagit autrement. Il ne s’accuse pas d’un manque de dignité, mais c’est tout rempli de joie qu’il accueille le Seigneur (Lc 19, 6) et qu’il offre immédiatement la moitié de ses biens aux gens nécessiteux en même temps que le quadruple remboursement à tous les gens lésés par ses prélèvements exagérés. Dieu est-il donc si proche ?

Mendie-t-il encore chez nous l’hébergement ?

Le recevoir…!

Voilà l’effet produit…Que puis-je faire pour Dieu ? Bien vouloir l’héberger ?

N’est-ce pas le plus vrai ?

Reçois-le !

30/10/2010

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