Mon Dieu !

Que valent nos prières ? Que nous apportent-elles ? Et que demandons-nous ? Jésus s’en inquiétait. Il vient de déclarer qu’il faut toujours prier sans se décourager, et il enchaîne alors sur une parabole. Deux hommes… disait-il…Et à la fin… l’un fut justifié et l’autre ne le fut pas.

Pourtant n’est-il pas bien cet homme ou plus exactement ce type d’homme qu’est le pharisien ?

D’abord il vient au Temple pour s’adresser à Dieu. Ensuite il vit comme on ne peut mieux vivre. Pas rapace, pas injuste, pas adultère, ne mène-t-il pas une vie exemplaire ? De plus il dompte ses besoins, jeûne deux fois la semaine et scrupuleusement, en plus du prix d’achat, il règle le dixième de tout ce qu’il achète.

Quel homme merveilleux, Dieu doit être content !

Eh bien non justement !

C’est l’autre qui est justifié, un autre type d’homme appelé publicain, celui qui ne fait rien comme son opposé et qui mène une vie plutôt dévergondée : Collaborateurs de l’ennemi romain il perçoit les impôts pour le compte du maître et à son avantage pour un profit personnel. Dieu peut-il agréer sa prière et donc cautionner tout son comportement alors qu’il dédaignerait celui du pratiquant rigoureux de la loi ? Même si notre impression allait dans ce sens-là le problème est ailleurs. Il ne s’agit pas de Dieu qui accueille ou n’accueille pas. Car en Dieu il n’y a pas cette façon de faire. Il est toujours ouvert. Ce sont les hommes qui ne le sont pas.

Car cette parabole décrit une expérience. Jésus depuis des mois voit toute la différence entre les pharisiens qui, vis-à-vis de lui, cherchent à le dominer et les quasi païens, ces publicains de rien qui se laissent toucher par la bonté du Christ et le laisse chambouler leur vie de dépravés.

Notons le paradoxe de cette parabole.

Les gens « biens » tout à fait alignés sur la loi et même en rajoutant, sont en réalité fort éloignés de Dieu. La preuve : le Christ est là et ils ne le voient pas. Ils sont trop sûrs d’eux-mêmes et de leur « sainteté » qu’ils ne doivent à personne et surtout pas à Dieu, mais seulement à eux-mêmes. Ils ne demandent à Dieu que de se réjouir de les voir si bien faits, et de les reconnaître comme ses meilleurs sujets.

Mais n’est-ce pas passer à côté de ce que Dieu est ?

Ce que Dieu veut, se donner, épouser (une image bien biblique), entrer en communion, faire partager sa vie, eux ils n’en veulent pas. Ils sont fermés et enfermés en eux. Et toute la différence est là. Les publicains, les marginaux et autres prostituées se laissent approcher, toucher et même retourner par le Christ jusqu’en leur intimité.

D’un côté les imbus bardés de suffisance, de l’autre des sans lois mais qui se laissent aimer jusqu’à être transformés.

Dans cette parabole le Christ vient de camper deux attitudes complètement opposées et qui existent encore mais plus ou moins larvées.

Que vaut notre prière ?

Quelle est mon attitude quand je suis face à Dieu ?

Est-ce que je vois en moi ce qui est défectueux et m’ouvre totalement à la bonté de Dieu ? Ou est-ce que je justifie tout mon comportement en demandant à Dieu de m’approuver entièrement sans qu’Il entre chez moi… alors que c’est ce qu’il veut pour moi ? Jésus le Christ fit l’expérience, face à lui, des deux comportements. Par l’un il fût reçu par l’autre rejeté.

Que valent nos prières quand nous disons : Mon Dieu ?

Dans l’un ou l’autre cas, le sens n’est pas le même.

Mon Dieu ou bien Moi Je ?

Mon Dieu et puis…

Quoi ?

23/10/2010

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