« Prier…? »

Nous ne parviendrons pas à recevoir de Dieu ce qu’il veut nous donner si nous ne nous mettons pas à la plus juste place dans notre rapport à Lui. Prenant l’exemple de la veuve qui harcèle le juge jusqu’à ce qu’elle obtienne que lui soit fait justice, Jésus laisse entendre qu’il faut savoir prier sans jamais s’arrêter. Et que si le juge inique acquiesce à la demande, même sans enthousiasme, à fortiori, Dieu donne sûrement notre bien quand nous le demandons. Et même s’il paraît que le temps est bien long de cette satisfaction, il faut pourtant continuer à se tourner vers lui en  insistant sans se lasser. La veuve démunie qui obtient la justice d’un juge de la terre, lui-même sans justice, est, par son insistance, notre référence pour obtenir de Dieu, Juge du ciel et de la terre, notre Père, ce qu’il promet d’accorder comme le vrai bien que par ailleurs il est le seul à pouvoir nous donner.

Prier instamment donc !

Désirer, aspirer à, comme un élan de l’être vers Celui, la source de la vie, que le Christ nous présente comme son Père et notre Père désireux du meilleur pour combler ses enfants. Mais  parler de  meilleur cela veut dire quoi ? Laissons donc maintenant la veuve de côté. Elle est venue chercher une justice (humaine) contre ses ennemis, et demandons-nous un peu quel bien nous est promis car la relation à Dieu diffère grandement de celle qui s’établit entre gens de la terre. Il serait, par exemple difficile d’affirmer que Dieu interviendrait, comme le fait le juge de notre parabole, pour régler les différents, faire aboutir les procès qui éclatent entre gens d’ici bas. Il n’est pas possible de transposer sans un ajustement, la relation de la veuve et du juge dans notre relation avec Dieu notre Père. Ce qu’il faut en garder c’est l’insistante prière afin d’obtenir sans se décourager non ce que d’abord nous souhaiterions recevoir mais ce qu’il veut en toute justice nous donner.

Et que veut-il ?

Venons-en donc à ce qui est essentiel et qui est énoncé dans les versets en amont de la petite parabole. Dans ces versets d’avant (Lc 17, 20-37), Jésus, le Seigneur,  évoque sa venue, se présentant lui-même comme le fils de l’homme en lien avec ce que les juifs attendent : l’instauration du royaume. Les pharisiens d’abord ont posé la question : « Quand donc vient le Règne de Dieu ? » (Lc 17, 20). Et les disciples ont renchéri : « Où donc, Seigneur (apparaîtra-t-il)? (Lc 17, 37). Par rapport à cette annonce du Règne et aux questions posées à son sujet, Jésus invite à prier sans se décourager. La venue du royaume peut paraître bien longue. Dieu ne tiendrait-il pas sa promesse ? Telle est la tentation qui guette chaque disciple : ne plus espérer que le royaume vienne en notre humanité. N’est-ce pas que ce Royaume, c’est à dire, Dieu lui-même lorsqu’il sera tout en tous, dépend également de notre transformation ? Le royaume n’est pas un don venu comme de l’extérieur qui ne toucherait pas à nos façons de faire. Il est plutôt « montée » en l’homme de la « forme » de Dieu telle qu’elle est révélée en Jésus, le Christ, le Fils du Père. Il est avènement de Dieu à l’intérieur de notre humanité. Il est l’humanité transfigurée par Dieu. Si le Christ est venu parmi nous comme porteur du royaume c’est pour qu’Il  advienne en nous, que nous nous réalisions en le laissant grandir et devenir notre être. Ce lent travail de conversion de l’homme se réalise à la vitesse de notre bon vouloir. Dieu en Jésus-Christ a dit ce qu’il veut nous donner et l’a montré en Christ. Nous voici maintenant invités à nous mettre à la tâche en nous ouvrant (prière) constamment au travail de l’Esprit qui peut donner forme christique à nos vies. Prier, alors prend tout son sens, désirer et s’ouvrir à l’acte de croissance que Dieu pourra enfin faire aboutir en moi. Ne cherchons pas ailleurs le sens de la parabole. Mais comprenons aussi ce que veut dire : « Lorsque le fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 17, 37). Car l’avènement  du royaume dépend de notre décision de nous vouloir en Christ ou pas…

Prier…Que Dieu devienne moi !

Que nous soyons en Lui.

Prier…!

17/10/2010

2 Réponses pour “« Prier…? »”

  1. Redigé par Lecteur et acolyte:

    Mon Père,
    je m’abandonne à Toi,
    fais de moi ce qu’il Te plaira.

    Quoi que Tu fasse de moi, je Te remercie.
    Je suis prêt à tout, j’accepte tout

    Pourvu que Ta volonté se fasse en moi, en toutes Tes créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

    Je remets mon âme entre Tes mains. Je Te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur,
    parce que je T’aime, et que ce m’est un besoin d’amour
    de me donner,
    de me remettre entre Tes mains
    sans mesure,
    avec une infinie confiance,
    car Tu es mon Père.

    Bienheureux Charles de Foucauld

  2. Redigé par la-petite-rien-du-tout:

    Salut et Paix
    « Si le Christ est venu parmi nous comme porteur du royaume c’est pour qu’Il advienne en nous, que nous nous réalisions en le laissant grandir et devenir notre être.
    Prier…Que Dieu devienne moi ! »
    Que nous fassions partie du Corps de Christ au sens de Paul oui, mais il n’y a pas fusion entre le Christ et nous! Je ne deviens pas le Christ et je ne le deviendrais jamais, car l’amour entre nous a besoin de deux personnes distinctes et libres. C’est le bouddhiste qui dans la méditation assidue se voir devenir dieu par l’éveil! Nous avons un Dieu qui est Quelqu’un, nous ne nous dissolverons pas en Lui, car Il nous a créé à son image càd que nous avons chacun notre personnalité et nous la gardons après la mort!
    Jésus a toujours sa personnalité humaine qui n’est pas celle de chacun de nous!
    La prière est une relation à Dieu, la prière continue n’est pas difficile si on sait comment l’amorcer dans nos vies: pas du tout avec les considérations intellectuelles qui font les belles conférences.
    La prière continue de l’ermite vous accompagne