» Elle suffit… ! « 

De dimanches en dimanches, de pages d’Evangile en en pages d’Evangile, continuons à cheminer avec le Seigneur.

Comment rater sa vie … pensant la réussir ? La parabole du riche et du pauvre Lazare en donne un aperçu. Comment en effet ? La réponse est assez explicite. Regardez l’homme riche tout habillé de pourpre et qui, chaque jour, s’empiffre de repas savoureux. Son monde, pourtant clôs sur lui-même, n’est-il pas l’idéal auquel chacun aspire plus ou moins consciemment ? Vivre dans l’opulence, n’est-ce pas mieux que de croupir par terre avec pour compagnon un chien, à l’époque animal détestable, venu lécher les plaies ? Qui ne répondrait oui ? Pourtant, à poursuivre l’histoire, ne voit-on pas ce riche malheureux ? La richesse, depuis la nuit des temps, enferme celui qui la possède. Elle l’enferme, en lui faisant accroire que les choses qu’il possède sont source de bonheur. Or, ne crée-t-elle pas entre lui et les autres un fossé dont il n’a pas conscience, qu’il est sa propre tombe ? Elle obscurcit le regard et sclérose le cœur. Le pauvre qui est là, couché devant la porte, le riche ne le voit pas. Il est trop haut d’ailleurs pour croiser son regard. En menant cette vie qui tourne autour de lui, le riche est-il heureux ? Sans doute le croit-il, ne pensant même pas qu’il en soit autrement, puisque l’idée couramment partagée est que le bonheur s’accroît avec ce qu’on possède. Il est, cependant, tout aussi vrai que le bonheur échappe au pauvre qui n’a rien. Il ne suffirait pas d’interchanger les places pour trouver le bonheur. Le riche n’est pas heureux, le pauvre ne l’est pas. Le bonheur se situe autrement, ni d’abord dans l’avoir ou le manque, mais dans la relation.

La relation !

Entre le riche et le pauvre Lazare, aucune relation. Un portail les sépare, un fossé les éloigne. Pourquoi ? Des miettes auraient suffi à nourrir l’affamé, mais il ne les reçoit pas. Le riche ne le voit pas, nous l’avons déjà dit.

L’argent obscurcit le regard.

Jésus adresse cette parabole à tous les pharisiens qui ricanent en l’entendant disserter sur l’argent. (Lc 16, 14-15) Peut-être pensent-ils que posséder des biens, signifie bénédiction de Dieu ? Jésus, qui ne possède rien, détrompe son auditoire. Dieu prend parti pour le pauvre quand, au  moment de la mort alors que l’homme n’a plus de prise sur sa propre vie, les anges l’emportent auprès de lui. (Lc 16, 22) Et le manque de biens qui caractérisaient le pauvre fait ressortir maintenant la carence du riche : son manque de vraie relation. Comment rater sa vie, la chose vient d’être dite : en étant riche et clôs sur soi. Comment être averti avant qu’il soit trop tard ? (Lc 16, 26) La solution proposée par le riche n’est bonne qu’en apparence : Envoyer chez les hommes un mort qui, fort de son expérience, révèlerait où est le vrai bonheur ? ( Lc 16, 27-31)  Même un mort qui ressusciterait ne parviendrait pas à convaincre. (Lc 16, 30-31) Car, déjà, nous avons tout pour savoir ce qu’il nous reste à faire : La Parole.

Comment rater sa vie ?

Le riche nous répond.

Comment la réussir ?

La Parole suffit…

26/09/2010

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