Soyons clairs !


Les trois textes de ce jour offrent un parcours étonnant. Je travaillerai bien sur la question de Dieu et de l’Argent (avec majuscule pour tous les deux) mais je crois qu’il y a plus profond à chercher encore, en particulier sur la question du regard… le point de bascule se trouve dans le Psaume avec cette phrase: Mais il abaisse son regard vers le ciel et vers la terre… Je cherche encore, cherchons encore. Bon dimanche à tous

Le Christ nous y incite. Qui conduit notre vie ? Dieu ou l’Argent ? L’un ou l’autre ou les deux à la fois ? Que pouvons-nous répondre ? Tellement obnubilés par le fait de gagner ou d’acquérir encore ou la peur de manquer peut-être, ne voyons-nous pas l’emprise de l’argent sur notre propre vie ? Jésus connaissait-il les pièges de l’argent ? Quand il dépeint le fils, muni de sa fortune, ayant tout dépensé sans avoir acheté le bonheur qu’il cherchait, veut-il nous faire entendre que l’argent est trompeur ? Que l’argent ne tient pas ce qu’il semblait promettre ? Et quand le fils aîné toujours en possession des biens qui sont les siens, transpire la tristesse tout autant que son frère, le Christ veut-il nous dire qu’il faut chercher ailleurs la véritable vie ? Qu’il nous faut l’acquérir par une autre façon d’utiliser les biens ou de gérer l’argent ? Car l’argent il est là, disposé à servir, mais…selon notre vouloir…

Mais qui a le courage de vraiment faire le choix entre Dieu et l’Argent ?

Voici pour nous aider l’histoire racontée, adressée aux disciples. Cette histoire, notons-le, vient tout de suite après la grande parabole (Luc 15, 11-32) qui vient d’être évoquée. L’Argent dans cette histoire, qui est celle du monde, règle les relations de tous les hommes entre eux. Cela crée des tensions, des infidélités et beaucoup d’autres maux qui nous coûtent très chers. L’intendant malhonnête a bien trompé son maître, lui qui ne vaut pas mieux, en cherchant à gagner plus qu’il ne lui revenait. La course à l’argent décuple nos énergies et nous rend très malins. L’intendant malhonnête pour se tirer d’affaires procède habilement à tel point que le maître lui-même lui fait des compliments. Jésus a bien noté toute cette énergie et cette habilité et se tournant vers nous, ses disciples, nous force à réfléchir : « Les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la Lumière ! » (Luc 16,8) Mais est-ce irréversible ? Les fils de la Lumière, entre eux, ne peuvent-ils pas devenir, eux aussi, astucieux au service du Royaume ? Et voici la réponse : «  Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’Argent trompeur, (ou malhonnête selon les traductions) afin que, le jour où il ne sera plus là (la mort enlève tout !) ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. » (Luc 16, 9)

Avec l’Argent trompeur faites-vous des amis !

Est-ce bien cela que le Christ veut dire ? Pour ceux qui sont chrétiens, bien gérer son argent jusqu’où cela engage ? Jusqu’où, dans la compréhension de ce qu’il représente, dans la façon de se le procurer et l’utilisation de ce que l’on en fait ?

Jusqu’où cela engage ?

Est-ce un bien confié qui ne nous appartient pas ? Est-ce un bien à partager avec ceux qui n’en ont pas ? Est-ce un bien avec lequel il ne faut pas biaiser ? Plus grave que l’on ne pense, on se trouve là engagé, car il est dit encore : « Qui est fidèle en très peu de chose est fidèle aussi en beaucoup et qui est malhonnête en très peu est malhonnête aussi en beaucoup ? Si donc vous ne vous êtes pas montrés fidèles pour le malhonnête Argent qui vous confiera le vrai Bien ? » (Luc 16, 11)

« Nul ne peut servir deux maîtres. »

Jésus, n’est-ce pas, s’adresse à ses disciples !

Soyons clairs !

C’est ou Dieu ou l’Argent.

19/09/2010

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