« Le préférer… !  »

Pour une fois je cumule image et texte. Merci à Edmond Prochain pour la BD du dimanche


Le préférer… donc,

Quand le Christ exprime cette exigence, ne nous surprend-il pas ? Pour être son disciple faut-il vraiment ne préférer que lui ? Ni père, ni mère, ni femme, ni enfants ne peuvent passer avant ?

Ne préférer que Lui ?

Portons notre attention sur cette façon de dire, car elle exprime bien le sens de l’évangile. Jésus le fait savoir dans un moment crucial. Suivi de grandes foules, il marche résolument (Lc 9, 51) vers le lieu du calvaire où il réalisera le Don parfait de soi. Ces foules qui le suivent parce qu’il est attirant, ont-elles la moindre idée du lieu où il les mène ? Probablement que non ! Aussi est-il bon qu’elles le sachent et qu’à travers elles, le sachent également ceux qui, un jour, le suivront. Ce qu’il leur dit et que nous entendons en le lisant aujourd’hui, précise ce que c’est que d’être son disciple. Non se mettre à lui courir après, en cherchant avantage à sa proximité, mais faire de notre vie le don qu’il a lui-même initié. Il ne cherche pas non plus à attirer vers lui pour se constituer une cour de dévots au milieu de laquelle, ensuite, il trônerait. Non, il demande à ceux qui le choisissent d’être vraiment disciples, de tenir jusqu’au bout comme et à la façon dont lui-même a tenu. Le préférer, lui, n’est donc pas de sa part l’effet  de son égocentrisme comme s’il recherchait à être adulé. Il n’est pas une star qui suscite des fans. Il n’a pas besoin d’être admiré pour se sentir exister comme cela arriva aux stars que l’on fabrique.

Il est !

Ce qu’il a parcouru comme chemin de vie, il l’a parcouru seul, car jusque là inédit. Il affirmait à qui voulait l’entendre, quelle était sa pensée à propos de la Loi, du sens de l’homme pour Dieu ou le sens de Dieu pour l’homme. Il révélait ce que personne n’avait encore eu l’idée de proclamer. Et ce qu’il proclamait, il le vivait, au point qu’on s’étonnait de la grande adéquation entre son être et sa parole. C’est à ce titre qu’il revendique d’être préféré à tout autre. Il ne s’agit pas pour l’homme, d’abord, de gros efforts à faire, mais d’illumination, autrement dit de bien comprendre quelle est l’identité du Christ. Quand il revendique le droit d’être préféré, c’est parce qu’il est le chemin, la vérité, la vie… (Jn 14, 6). Pour que l’amour de l’autre, y compris des plus proches, atteigne la mesure d’un amour sans calcul, il faut le préférer, c’est-à-dire aimer comme il l’a fait. Non pas le préférer au détriment des autres, mais aimer tous les autres comme il aima et aime encore les hommes. Il n’attire pas vers lui en voulant posséder mais parce qu’il sait bien qu’il n’est d’autre chemin pour exister vraiment que de lui ressembler en se laissant transformer (en Lui) par son Esprit.

Le préférer, Lui !

De tous les comportements qui sous sont présentés pour réussir nos vies, il propose le seul qui permette d’aboutir  à notre pleine vérité, même s’il faut passer par un témoignage coûteux (porter sa croix  Lc 14, 27) et même par la perte de la vie (Lc 14, 26). Les foules qui le suivent en avaient-elles conscience ? Maintenant elles savent comme nous nous le savons. Pour être son disciple, il faut lui ressembler. Aucun homme avant lui n’avait osé le dire et encore moins le proposer. Le voici sur la route en train de précéder, il avertit que le suivre a un prix à payer, mais qu’en même temps il s’agit d’être soi pleinement réalisé.

Vouloir le suivre ou pas ?

Quel choix ?

Prendre le temps de réfléchir….

Le préférer, Lui !

05/09/2010

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