Qui es tu ?

« Suivre » est un des maîtres mots de la foi chrétienne. En effet, celle-ci n’est pas adhésion à des théories mais confiance active en Quelqu’un. Elle n’est pas un ensemble de prescriptions mais une réponse de tout l’être à Celui qui appelle à la communion avec Lui.

Nous le savons, déjà, mais nous l’oublions souvent. Posons-nous donc la question, à la suite de qui sommes-nous ? Puis-je déclarer que ma vie avance vraiment à la suite du Christ ? Entre proclamer de bouche son Nom et avoir réellement engagé sa vie à sa suite il y a de la marge. La question est donc pertinente. Il est bon de se la poser en ce jour où l’évangile nous y invite.

Ma vie avance-t-elle résolument à sa suite ?

Comment puis-je le savoir ? Qui va me le dire ? A quoi suis-je donc confronté qui m’oblige à choisir ? En s’adressant à tous, pas seulement aux Douze, Jésus nous éclaire en nous donnant le critère de discernement. Reprenons sa parole : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il se renie lui-même, qu’il se charge de sa croix chaque jour, et qu’il me suive. » (Lc 9, 23) D’une façon ou d’une autre nous sommes plus ou moins à la remorque de quelqu’un ou de quelque chose. Mais de qui, de quoi ? Prenons le temps du discernement tout en écoutant son appel  «  Si quelqu’un veut me suivre… » Et puis entendons les conditions. Sommes-nous prêts à les entendre sans les édulcorer ? Ces conditions n’ont rien d’un catalogue de choses à faire. Elles touchent à notre façon d’être, aux décisions que nous avons à prendre et que nous prenons chaque jour, aux choix que nous faisons même dans le quotidien. Donc poursuivons, « si quelqu’un veut me suivre, qu’il se renie lui-même » (Lc 9,23) Notre premier sursaut passé, essayons de comprendre.

« Se renier soi-même » ou « renoncer à soi-même »

Quelle drôle d’idée ! Ne la trouve-t-on que dans l’évangile ou le monde en parle-t-il aussi ? Doit-on l’interpréter comme l’opposition à l’affirmation outrancière de soi ? Le moi persifleur doit-il disparaître ?

Dois-je devenir rien ?

Me suis-je fait moi-même sérieusement cette réflexion que pour suivre le Christ je dois me renier moi-même ? « Se renier » avouons-le, est fort ! Un exemple peut-il nous aider à comprendre ? Pensons à Pierre et à son reniement. Que lui arrive-t-il ? Tout simplement qu’au moment de l’épreuve de la passion au lieu de prendre parti pour le Christ il déclare à trois reprises ne pas connaître cet homme et n’avoir jamais vécu avec lui. Il s’est donc soustrait au témoignage, il n’a pas suivi le condamné, il n’est pas resté à sa suite, il a refusé, en quelque sorte, de porter sa croix. Qu’a-t-il suivi alors ? Sa peur, son doute, sa crainte ? A-t-il voulu sauver sa vie ? (Luc 22, 57, 58, 60) Avec le cas de Pierre n’avons-nous pas la pleine illustration de l’invitation du Christ : « Si quelqu’un veut…? » Quand, comment, puis-je à l’inverse, non pas renier le Christ, mais me renier moi-même pour suivre le Christ, pour engager ma vie en la modelant selon la sienne. A quel moment ? Mais à tout moment, dans chaque décision que je prends quotidiennement.

« Celui qui… qu’il prenne sa croix chaque jour » (Lc 9, 23)

Il aurait été plus facile de suivre le Christ, s’il s’en était tenu à sa qualité de thaumaturge, tel que nous voyons Jésus agir dans le passage évangélique(Lc 9, 12-19) précédent celui que nous méditons maintenant. Il s’agissait alors de cette distribution de pain effectuée par les Douze sur l’ordre de Jésus. Mais suivre Celui qui porte une croix devant une humanité hostile et qui le rejette, requiert une autre attitude de la part du disciple : celle évidemment de ne pas écouter sa peur devant le même rejet et même de courir le risque de perdre la vie. Se renier soi-même, porter sa croix, perdre sa vie à cause de Lui, prennent tout leur sens dans ce contexte évangélique de la suite du Christ et seulement dans ce contexte de la foi. Gardons ces paroles ensemble, éclairons-les par sa Vie, et aussi les unes par les autres. Alors nous sentirons mieux à quel engagement radical nous sommes appelés, puisque c’est à tous que cet engagement est adressé. (Lc 9, 23) « Se renier, porter sa croix, sauver sa vie, perdre sa vie à cause de moi, rougir de moi et de mes paroles » Etonnantes propositions qui nous vident de notre propre façon de voir et de faire pour adopter celle du Christ. Mais seulement valables « Si quelqu’un veut le suivre…! » Aurons-nous plus de lumière, au terme de la méditation de cet évangile, sur ce qu’est suivre le Christ et pour percevoir en fait, en ce moment, qui ou quoi nous sommes en train de suivre ?

En effet qui suis-tu ?

21/06/2010

3 Réponses pour “Qui es tu ?”

  1. Redigé par Lecteur et acolyte:

    Bien d’accord :
    Se reposer la question de savoir qui l’on suit est comme faire le point : avant les GPS, on reprenait la carte et la boussole et on vérifiait où l’on était et où l’on voulait aller.

    Concrètement, c’est :
    * reprendre en visée l’état de vie où l’on est – pour moi le mariage – et le prendre avec tout, la croix et la résurrection : comme le dit Paul Evdokimov citant Jean Chrysostome :  » : « Les époux parfaits ne sont pas inférieurs aux moines … Ils peuvent manifester des vertus plus grandes que les monastiques. » Mais, certes, se marier, tout comme devenir moine, c’est courir un risque absolu ».
    * relire aussi les services que l’on a pris, ou les missions que l’on a reçues, avec là aussi, la croix et la résurrection à prendre « en bloc », parce que c’est une illusion de croire que l’on peut ne prendre que ce qui est agréable.

    Bref, il nous faut accepter que ce soit dur certains jours, prendre le « package » en bloc, pour parler franglais.

    Allez, sac au dos et en avant !

  2. Redigé par la-petite-rien-du-tout:

    Salut et Paix
    J’ai oeuvré il y a qqs années, seule, pour éviter une installation de sortie de parking qui ne pouvait amener que des conflits. D’autres personnes se sont rangées à mon avis depuis, c’est bon. Dans la circulaire que j’ai distribuée alors ds toutes les boites aux lettres des intéressés, j’avais mis que « parce que j’étais catholique convaincue je voulais éviter des situations sources de conflits ». Une « catholique de paroisse » me l’a reproché hier soir: ne pas dire qu’on est catho! surtout avec les prêtres pédophiles! et la petite croix (orthodoxe 2 cm) que je porte dans l’immeuble! Jésus n’a pas dit qu’Il était Fils de Dieu! etc … J’aurais voulu polémiquer, cela n’aurait pas été possible; mais je laisse dire, il n’y avait pas de 3° personne. J’appelle « catho de paroisse » ces personnes qui aident le Curé, mais qui se refusent à tout témoignage au dehors de leur paroisse. (elle appartient à cette paroisse où la signe de paix consistait à une main molle sans regarder l’autre, vs vs rappelez? je suis allée ailleurs) J’ai quand même pu glisser, mais m’a-t-elle entendue? que c’est dans cette absence de témoignage que les jeunes n’ont plus de foi.
    Qaund j’ai osé dire que ma foi irriguait toute ma vie, elle a rétorqué que les non-croyants faisaient tout aussi bien! Glissé que chacun a sa conscience pour qu’elle arrête sa colère …mais qui suit sa conscience!
    Difficile pour moi qui suis ermite incognito d’en dire plus. mais voilà un exemple de personne qui n’a pas compris que ce n’était pas le Curé qu’il faut suivre mais Jésus! c’est plus fréquent qu’on ne le pense.
    Ma prière vous accompagne

  3. Redigé par SOLEIL:

    SUIVRE.

    Le mot est exigeant, à la mesure de l’engagement qu’il implique.
    Suivre sa vie, mais ne pas la subir
    Suivre DIEU , et ne pas le trahir par ses actes, sa conduite.
    Suivre son conjoint , le comprendre, je suis marié et j’ai de grands enfants
    Suivre ses enfants devenus adultes.
    Suivre et mériter la confiance qui nous est accordée.