Déjà…

photo extrait de www.unweb.fr

La femme au parfum de grand prix et à la longue chevelure… c’est drôle mais ce texte ne me laisse pas insensible ni en surface, ni en profondeur… Comment ne pas se sentir concerné, et donc de trouver la juste réponse et la juste attitude pour tout ce qu’elle inspire… la dame aux longs cheveux…

Que lui est-il arrivé à cette dame qui entre brusquement dans la salle de banquet où l’invité Jésus devient aussitôt et exclusivement l’objet de toutes ses attentions ? D’où lui vient cet épanchement de larmes, de parfum et de longue chevelure ? Que s’est-il passé en elle pour que devant tous ces hommes, elle, une femme, s’exprime de tout son être avec tant d’émotion ? Car cette femme ne joue pas la comédie, elle ne simule pas une prestation amoureuse. Elle n’est pas venue non plus quérir l’un ou l’autre privilège.

Elle est entièrement dans la reconnaissance.

Elle exprime un bonheur qui est déjà là, en elle…

Rendrait-elle hommage à l’auteur de son être ? A-t-elle vécu une libération ? A-t-elle fait une découverte sur elle-même, en elle-même ? Scrutons ce personnage avec des yeux tout simples. N’empruntons pas, par contre, les verres du Pharisien. Il voit en cette femme ce qu’il pense qu’elle est. Et ce qu’elle est pour lui n’est guère reluisant : une pécheresse ! Ensuite il voit jésus dont il se méfie, car il est inclassable. Serait-il un prophète comme il le laisse entendre ? Mais un homme de Dieu serait plus perspicace ! Or dans ce cas ici il ne l’est pas vraiment car il ne semble pas apercevoir qui est sa visiteuse. Il se laisse approcher et même toucher par elle sans se préoccuper d’en ressortir souillé. Simon le pharisien fixe surtout Jésus car  c’est lui avant tout qu’il voudrait surprendre en flagrant délit de fausse identité. La femme, il la connaît et n’estime pas devoir en apprendre davantage. Mais Jésus il ne sait ! Dés lors comment lever son secret ? On a tout lieu de croire que Simon le pharisien n’évoluera ni dans un sens, ni dans un autre. De Jésus il ne comprendra pas l’identité profonde et de la femme il ne saisira pas le mobile de sa joie.

Sommes-nous plus avancés ?

Les paroles de Jésus adressées à Simon nous révèlent-elles le sens de cette situation ? Cette femme immensément reconnaissante au point d’offrir à Jésus un service d’accueil que l’hôte a négligé, est une pécheresse. Jésus ne le nie pas. Mais elle a trouvé en lui quelqu’un qui l’aime en vérité. Pécheresse…! C’est vrai…! Mais surtout et par-dessus tout, aimée de Dieu. Est-ce là, la cause de son bouleversement ? Est-ce cela qui la fait fondre en larmes de joie ?

Le non-amour détruit.

Celui que l’on pratique quand il n’est qu’un mime de l’amour véritable. Celui que l’on perçoit dans le regard de l’autre. Cette femme est aimée par l’homme qui est là d’une façon nouvelle. Cet amour l’enveloppe et la rejoint jusqu’au fond d’elle-même. Son péché ne l’a pas empêché d’être aimée et cet amour l’a « redonnée » à elle-même. Elle existe à nouveau « par le don » qu’il lui est fait d’elle-même. Aucune personne humaine ne peut aimer au point de recréer ! En nous il reste toujours quelque chose, un résidu, qui empêche de reconnaître l’autre dans sa réalité comme totalement aimable. Nous avons des canons que nous étalonnons sur nos propres mesures et qui réduisent l’autre à n’être que ce que nous voulons qu’il soit par rapport à nous-mêmes.

Dieu, en cela, ne nous ressemble pas !

Ceci loin d’être une idée fixe non fondée et gratuite se laisse découvrir dans la vie de Jésus Christ. Cette femme l’a su, compris, senti, vécu…Dieu n’attend pas pour nous aimer que nous soyons parfaits. Il nous aime et cet amour accepté, par le don de sa vie, il nous refait.  Cette femme n’est pas pardonnée parce qu’elle a beaucoup aimé mais elle aime beaucoup parce qu’elle est pardonnée. L’initiative de Dieu précède et régénère celui ou celle qui s’ouvre à lui dans la foi, c’est-à-dire dans l’abandon, la totale confiance. L’homme par ses propres forces ne sait pas aimer. Toute puissance d’aimer est un don. L’ amour humain ne peut donc obtenir le pardon comme si cet amour venait exclusivement de l’homme alors que l’amour est toujours et d’abord le don que Dieu lui fait. Aimer c’est accueillir et vivre du don que Dieu nous fait de notre être.

Cette femme a compris. Elle s’est reçue de Dieu. En retour elle exprime, avec ses gestes à elle, sa totale reconnaissance. Simon est à cent lieux de comprendre cela. Quant à moi, l’amour que le Christ me porte m’a-t-il déjà bouleversé ? Si non qu’est-ce j’attends pour me laisser aimer ? Car si l’on veut aimer il n’est d’autre moyen que de s’ouvrir à Dieu sans aucune condition.

Avant tout ce que l’on fait,

avant comme pendant et après

on est aimé

Déjà !

12/06/2010

2 Réponses pour “Déjà…”

  1. Redigé par la-petite-rien-du-tout:

    Salut et paix
    Pardon au pécheur qui reconnait qu’il a eu, au moins une fois dans sa vie, un refus net de Dieu. Pardon au pécheur qui comprend qu’il est incapable de réparer les dégats causés par sa conduite et que c’est Jésus dans sa Passion qui assume la plus gande part du paiement du à la justice de Dieu. Pardon au pécheur qui avoue ne pas suivre la logique du raisonnement de Jésus dans le verset 47 et qui comprend que ses raisonnements d’intelligence humaine ne peuvent approcher la pensée de Dieu
    Et à ce pécheur pardonné Dieu lui donne l’explication: celui qui pense qu’il a peu péché, Dieu lui remet le peu qu’il avoue, et il aime peu. Cette femme a conscience d’avoir beaucoup péché et aime beaucoup à la dimension du pardon que Dieu lui donne à la mesure de sa demande.
    Ma prière vous accompagne

  2. Redigé par TV Gossip:

    Excellent post thanks!

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