Que veut-il ?

Ah ! L’amour !!! Un mot souvent vidé de son sens… dans le monde, la société et peut-être (sans doute) aussi au plus proche de ma vie…

L’image est prise du site: http://edmondprochain.wordpress.com/

N’en demande-t-il pas trop ? Ne sait-il pas que nous n’y parvenons pas ? Pourquoi nous demander une chose pareille ? Imaginez-vous l’exploit qui nous est demandé ? Rien de moins que de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés ? (Jn 13, 34) Mais personne n’est dupe. Tout le monde sait bien que c’est difficile voire impossible. Nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés ! On voudrait bien, encore que ce ne soit pas si sûr, pouvoir y parvenir entre disciples mais le résultat n’est pas convaincant. Aimez-vous les uns les autres… Aimer, un verbe peut-être un peu trop fort ? Est-ce que supporter n’irait pas mieux ? Supportez-vous les uns les autres. N’est-ce pas ce que l’on pratique en général ? On se supporte. Mais est-ce une substitution adéquate ? Le Christ ne dit-il pas « comme je vous ai aimés » ? Or s’est-il contenté de nous supporter ? Comment a-t-il vécu l’amour ? Le contexte immédiat de notre évangile peut-il nous renseigner ? Notre passage fait partie du chapitre treize, celui du repas au cours duquel Jésus, tel un esclave et parce qu’il est le serviteur de l’homme, lave les pieds de ses disciples. En même temps pendant ce repas, aussitôt la bouchée prise, Judas se retire. Il faisait nuit ajoute le texte. (Jn 13,30) Or Judas sorti, la rupture accomplie, Jésus proclame et ceci doit nous étonner, que : « Maintenant le fils de l’homme a été glorifié et Dieu a été glorifié en lui … Et que si Dieu a été glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera. » (Jn 13, 31-32) Quatre fois le mot gloire pour exprimer la nouveauté d’une relation entre Jésus et Dieu son Père. Que vient-il donc de se passer pour que Jésus parle de glorification, d’une glorification réciproque, de sorte qu’à travers le comportement du Fils on perçoive celui du Père et que le Père se sente engagé dans le comportement du Fils au point d’intégrer le Fils dans sa propre Gloire ? Le Fils, au moment de l’action de Judas, accomplit-il déjà pleinement son rôle d’Envoyé aux hommes pour manifester à fond le cœur du Père ? En réagissant comme fait Jésus trouve-t-on en ce verset la définition de l’amour selon Dieu ?

Jésus, Judas, le Père, la Gloire !

Ou bien pour le dire autrement, la communion proposée, la communion refusée, la trahison acceptée avec toutes ses conséquences, et la gloire de Dieu manifestée (La gloire de Dieu : son être tel qu’il se laisse percevoir par les hommes)!

L’amour a l’état pur ?

Restons calmes ! L’exigence est immense. Ce qu’il a fait, il nous demande de le faire, non pas de souffrir comme lui, mais d’aimer comme lui. Y-a-t-il une différence ? Oui très grande. Car il s’agit d’aimer non pas la souffrance mais l’homme qui peut aller jusqu’à faire souffrir, et de continuer d’aimer dans la souffrance. Notre faiblesse supportera-t-elle un tel choc ? Saura-t-elle aimer comme le Christ aimait le traître et l’aimait encore et jusqu’au dernier souffle ? Judas sorti, la rupture consommée, le Christ accepte d’aimer encore. Ainsi Dieu est manifesté dans ce qu’il « est », sa gloire nous apparaît… Aimer, ainsi pratiqué, comme le Christ, ne va pas sans renvoyer à une autre expérience de l’amour, celle d’être aimé. Jésus puise son amour pour l’homme dans celui que le Père lui porte et il le lui restitue en aimant l’homme.

Veut-il que nous aimions ainsi ?

Cet amour est-il possible si l’on ne se sent pas aimé de Lui ?

Et en réponse, j’aime le Christ, moi aussi, en aimant les autres tel que lui m’aime. Nous n’avons jamais l’initiative première de l’amour. Si nous sommes capables d’aimer, c’est que déjà nous sommes aimés.

Que veut-il : « Que nous aimions comme Lui » ?

Et nous, que souhaitons-nous ?

Et où en sommes-nous de l’amour évangélique ?

02/05/2010

Comments are closed.