C’est dimanche… demain

Juste avant mon départ pour la Terre Sainte, voici la petite méditation de l’Evangile de demain

Voir le Ressuscité ?

Ce n’est plus nécessaire ! Désormais « Heureux, sont-ils, ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20, 29) L’expérience des Onze, dont celle de Thomas ne se refera plus. Chacun peut, aujourd’hui, croire au Christ ressuscité sans avoir besoin de « constater » sa résurrection.

D’ailleurs le pourrions-nous ?

L’expérience des Onze n’est pas reconductible. Il nous manque aujourd’hui un élément important de cette expérience des origines. A cause justement de ce que Thomas revendique. Que réclame-t-il ? Reprenons ses paroles : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous et si je ne mets ma main dans son côté, non je ne croirai pas » Thomas un des Douze, a été choisi par Jésus, a vécu avec lui, se trouvait dans le jardin au-delà du Cédron (Jn 18, 1) le soir de l’arrestation. Il connaît donc Jésus et sa vie et sa mort. Une connaissance que nous n’avons pas ! En réclamant de voir dans les mains les traces des clous et la blessure du côté ne formule-t-il pas quelque chose d’important, de capital même ? Jésus de Nazareth, le Christ, serait-il vraiment ressuscité s’il ne portait pas les traces de la passion ? S’il s’était donné à « voir » (ce qui d’ailleurs serait impossible) indemne de ces marques aurait-il été encore lui-même ? Ne devrions-nous pas plutôt penser à un fantôme, à une illusion, à un rêve ? Comment comprenons-nous, nous-mêmes, la résurrection ?

Thomas a raison .

Thomas veut être sûr que le Ressuscité est bien le même que le crucifié, car si ce n’était pas le cas il n’y aurait pas de résurrection ? Soit sa vie terrestre n’aurait pas été une vraie vie d’homme. Il n’aurait pas vécu authentiquement son histoire d’homme. Il aurait fait semblant d’être nous-mêmes sans l’être vraiment. Soit notre vie terrestre c’est-à-dire notre vie tout court n’aurait pas d’avenir en Dieu. A sa façon Thomas pose réellement la question : qu’est-ce que la résurrection ? Voici une bonne question ? Thomas traité d’incrédule reçoit la réponse et dans le même temps en l’écoutant nous recevons le sens de la résurrection. Jésus ne refuse pas de lui répondre « Porte ton doigt ici, voici mes mains, avance ta main et mets la dans mon côté.» Et Thomas loin d’aller jusqu’au contact physique (ce que l’on dit pourtant habituellement !) confesse Celui qui se révèle, homme ressuscité, comme son Seigneur et son Dieu. Oui Jésus de Nazareth, pleinement homme, mais nié dans son identité, blessé physiquement par les clous et le coup de lance, mort définitivement, vit autrement toute son expérience humaine, son être,  son « corps », parce qu’elle est transfigurée, parce qu’elle est passée dans l’être trinitaire de Dieu. Jésus de Nazareth ressuscité se laisse alors appeler « Seigneur et Dieu  » L’attitude de Thomas est donc une bonne nouvelle qui permet de percevoir ce qu’est la résurrection. Il en ressort (à l’évidence !) que c’est notre vie humaine, notre corps, c’est-à-dire notre densité historique qui ressuscite d’où l’importance de notre vie sur terre. Thomas ne posait pas une question dénuée de sens. Et pour nous il est important de savoir que les Onze aient pu faire le lien entre Jésus terrestre qu’ils ont connu et le Ressuscité qui se fait reconnaître. En ceci d’ailleurs est leur expérience originale et non reconductible. Reconnaître dans le ressuscité celui qui les avait rassemblés, seuls ceux qui l’ont connu sur terre et ont vécu dans sa proximité pouvaient le faire. Si nous croyons aujourd’hui c’est sur leur expérience. Thomas se trouve dans une posture spécifique qui ne peut être la nôtre. Cela n’empêche pas que nous confessions comme lui et grâce à lui, Jésus, Seigneur et Dieu. Le Seigneur, nous ne le verrons pas comme il l’a « vu » mais nous le vivrons comme il l’a vécu. Enfin ajoutons encore ceci, les deux rencontres avec le Ressuscité signalées par l’évangéliste Jean, se déroulent au cours de ce qui semble bien être une célébration liturgique dominicale. Il est assez facile de le déduire à partir de la mention chronologique : le soir de ce même jour, le premier de la semaine puis huit jours après… L’Eucharistie est toujours le lieu par excellence de la rencontre avec le Vivant. Nous, aujourd’hui, nous ne pouvons plus « voir » le Ressuscité mais nous pouvons en vivre.

En chaque eucharistie, au milieu de l’assemblée, Il est là.

C’est bien Lui dit Thomas,

Nous partageons avec l’apôtre

le même bonheur

Même si nous ne pouvons « voir » selon son expérience.

Nous pouvons croire comme il a cru.

10/04/2010

Une Réponse pour “C’est dimanche… demain”

  1. Redigé par la-petite-rien-du-tout:

    Salut et Paix
    Il n’est pas dit que Thomas a touché Jésus, mais il est dit que Jésus lui offrait de le faire. Donc Jésus a bien une enveloppe matérielle (je l’appelle cosmose, parure en grec, car corps à bp de sens différents) qui Lui a permis de manger, de boire, sans que le liquide coule par terre! Or il n’est pas dit qu’Il traverse les murs, simplement que là où il n’y avait que de l’air, IL est, matériellement présent. On peut dire: Il se matérialise. Sur sa cosmose sont les traces de la crucifixion, pas de la couronne d’épines, pourquoi? Dans mon idée (ce n’est pas une révélation privée) la crucifixion est le passage en gloire de Jésus, le centurion dira « vraiment cet homme était fils de Dieu ». La couronne d’épines des Romains et les soufflets des Juifs qui bafouent le prophète, sont des dérisions de ceux qu’Il est venu sauver. Pourquoi les rappeler pendant l’éternité alors qu’Il leur offre le pardon s’ils le Lui demandent.
    A l’Ascension, Jésus entrera en lévitation puis se dématérialisera, comme Il l’avait fait devant les disciples d’Emmaüs.
    Dans l’Eucharistie Jésus est présent par un support matériel qu’Il a choisi simple. Un Père de l’Eglise du 5° siècle demande que l’on prenne le temps de regarder l’hostie dans notre main avant de la mettre dans notre bouche, ce que je fais. Conseil qui serait bien utile de répandre!!!Faite pour être consommée, pour que nous nous assimilions à Jésus et devenions ce pourquoi nous sommes créés, divinisés!
    ma prière vous accompagne