Manqué… !

 

Et voici une petite médiation en musique avec l’Evangile de demain. Un rendez-vous ! Le rendez-vous se joue là ! Ne le manquons pas ! Pas cette fois ! 

Sommes-nous chagrinés de lire ce qui se passe dans l’évangile de ce dimanche ? Après la formidable déclaration qui vient d’être faite les auditeurs changent de ton. L’impression très positive n’aura duré qu’un temps. L’étonnement tourne à la colère. Jésus doit se retirer : « Mais lui passant au milieu d’eux, allait son chemin.. » (Lc 4, 30)

Manqué… le rendez-vous ?

Ils n’auront donc pas compris qu’il n’est pas que le « fils du charpentier » ? Qu’il n’est pas seulement un proche de Dieu, apte à faire des miracles et à travailler pour leur propre compte, comme le suggère le verset qui suit ? « Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm : fais donc ici de même dans ton pays » (Lc 4,25) Ils n’ont pas compris qu’il venait pour eux mais pour autre chose que ce qu’ils attendaient. Ils n’ont pas compris qu’un temps nouveau commençait, que Dieu en Lui accomplissait sa promesse. Ils n’ont pas compris que Dieu n’était pas seulement celui qui avait parlé par le passé et par des intermédiaires mais que maintenant il s’adressait à eux devant eux. Et ils n’ont pas compris non plus, que Dieu ne se laisse pas circonscrire mais qu’il a pouvoir de vivifier justement ceux qui sont sans prétention et qui le laissent agir.

Revivons cette scène, glissons-nous dans la Synagogue.

Écoutons les paroles d’Isaïe reprises par Jésus et si l’on peut dire « incarnées » en lui.

Elles sont adressées aux pauvres, le sont-ils ? Elles veulent délivrer les prisonniers, le sont-ils ? Elles apportent la lumière aux aveugles, le sont-ils ? Elles portent la liberté aux opprimés, le sont-ils ? Et non semble-t-il, ils ne le sont pas.

Alors « Il » ne peut rien faire pour eux. Auraient-ils du se reconnaître dans les paroles d’Isaïe ? Comment au moins ne pas le penser ? Après ce passage du Messie dans leur synagogue, resteront-ils pauvres mais sans bonne nouvelle ? Prisonniers mais sans espoir de délivrance ? Aveugles mais sans possibilité de voir clair ? Opprimés en continuant à s’opprimer les uns les autres ? Probablement la vie va continuer sans autre perspective que celle existante déjà puisque la rencontre se termine sur une volonté de mort. (Lc 4, 29)

En contre point à cette réaction de Nazareth, Jésus mentionne deux exemples : la veuve de Sarepta au bord de la famine, visitée par Elie, était une pauvre (1R 17, 9) et Naaman, syrien et lépreux était pauvre mais faillit ne plus l’être en refusant dans un premier temps de se conformer à la demande du prophète Elisée (2R 5, 14)

A Nazareth la vie va continuer son cours, en déplorant ses manques, ses impasses mais pas exempte d’un certain bonheur. A Nazareth et…. ailleurs…

Cahin-caha les choses vont ainsi depuis longtemps.

« Dieu » est passé dans le village, puis s’en est allé plus loin jusqu’à ce que le don de lui-même soit total.

Un rendez-vous de vie… manqué  pour eux !

Pour cette fois-ci nous ne parlerons pas de nous !

30/01/2010

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