Un baptême pas comme les autres

Mais que manifeste, « qu’épiphane » le troisième volet de cette fête de l’Epiphanie ? Après l’adoration des mages, l’appui du signe de Cana, voici comme le dernier panneau du triptyque « épiphanique » qui s’ouvre… Un baptême pas comme les autres, et pourtant…

C’est Lui… !

Personne, dans ce passage évangélique ne pousse ce cri du cœur, mais tout le monde, un jour, dans sa vie, doit, devrait, pouvoir l’exprimer. Il indique la découverte surprenante et éblouie de celui qui, à nul autre pareil,  manifeste la profondeur de Dieu, révèle que Dieu aime et qu’il m’aime. « Du ciel une voix se fit entendre :C’est toi mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour » (Lc 3, 22) En lui donc l’achèvement de la longue attente commencée aux origines du peuple avec les promesses faites à l’Ancêtre et renouvelées à ses successeurs. En lui le couronnement de la quête de l’humanité pour trouver le roc solide de la vérité.

Cette scène s’adresse à toi lecteur d’aujourd’hui.

En effet, l’évangéliste ne mentionne aucune réaction de témoins.   Il semble même laisser entendre qu’il n’y en avait pas. Le peuple avait déjà été baptisé par Jean, quand Jésus le fut à son tour, par Jean également. Mais Jean n’est pas celui que l’homme cherche, même si pour un court instant le cœur se laisse impressionner. Celui que le cœur de l’homme cherche c’est celui à qui s’adresse la  » voix venue du ciel «  et sur qui  » L’Esprit Saint descendit, sous apparence corporelle comme une colombe «  (Lc 3, 22)

Le peuple attendait…

Bien sûr, il s’agit de ce peuple aux origines abrahamiques mais aussi   de ce peuple qu’est l’humanité toute entière en quête de son identité. En effet, comment l’humanité aurait pu supporter d’aller sans but, de se construire sans orientation, de devenir « ce qu’elle ne savait même pas quoi » ?

Le peuple attendait comme l’humanité, comme chacun attend :

Où est-elle cette expression de moi-même qui me permettra de me reconnaître avec certitude et enfin de me construire à partir d’un point solide, fondamental pour moi mais que je ne puis atteindre par moi-même ?

Ce point existe-t-il et doit-il m’être donné ?

Il le fut pour Jésus de Nazareth.

Dans cette théophanie Jésus est révélé à lui-même comme il nous est manifesté à nous-mêmes. Mais s’il est révélé à lui-même, peut-être que nous aussi pour « être » en vérité, devons-nous l’être à notre tour ?

Ce point solide, universel pour tous, personnel pour chacun, le voici donc :

Au croisement de la voix du Père et de la descente de l’Esprit,

ce point d’illumination,

ma place, en lui,

le Christ.

Longue quête de l’humanité qui émerge et se formule avec plus de précision dans celle du peuple d’Abraham et qui découvre enfin sa place, en Jésus de Nazareth, fils aimé du Père et remplit de son Amour, l’Esprit Saint.

Longue quête de toi-même, aux prises avec les images floues de ta propre compréhension des choses et avec les errements intérieurs dans les sables mouvants des illusions de ce monde…

Longue quête de toi qui aboutit à ce point de lumière que l’évangile, la Bonne Nouvelle du Père, offre dans son Fils, complètement pénétré de la puissance de l’Esprit.

Tu es là devant et que vas-tu faire ?

Jésus priait et le ciel s’ouvrit.

Et le ciel c’est : Lui se recevant du Père et accueillant l »Esprit.

Que faire ?

S’ouvrir dans la prière afin que s’ouvre le ciel ?

10/01/2010

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