Sainte Famille…

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Sainte famille. Des rêves romantiques et bourgeois ? Un papa une maman et des enfants bien sages ?

Si c’est cela votre image de la Sainte famille, vous serez sans cesse malheureux en vous cognant encore et encore contre la réalité qui est toute autre. Mais d’où viennent ces rêves d’un idéal qui voudrait que la famille soit un lieu de bonheur et de béatitudes parfaite ? Ces désirs de perfections « zero defaut » ne viennent sans doute pas de Dieu !

La famille aujourd’hui est souvent « mono parentale », « recomposée », « déplacée »,… bien sur il y a tout de même des familles qui tentent de vivre selon un idéal chrétien, sincère et profond (tant qu’il n’est pas un mur d’apparences), et c’est essentiel et bon de pouvoir compter sur ce modèle familial qui est sans doute ce qui est le plus épanouissant pour qui veut vivre de l’Evangile. Mais qui est sans aucun doute une grâce reçue du Seigneur avec le réalisme de s’accepter en vérité et non selon des projections de perfection.

Cela dit, si nous ne vivons pas à la perfection ce modèle dans notre quotidien, cela ne signifie nullement que notre famille serait « ratée », certainement pas ! Car notre famille a le mérite « d’être notre famille » et non pas une famille projetée et idéalisée, et cela c’est déjà pas mal pour l’équilibre de tous ! C’est un bon début pour vivre selon l’Evangile non comme un acquis mais comme un chemin de confiance ouvert. Ce n’est pas la même chose !

D’ailleurs à bien regarder la famille de Nazareth, de l’extérieur et sans les lunettes de la foi on retrouve des points communs avec « nos réalités bancales » et ceci est bien plus apaisant qu’un rêve insupportable de perfection. Marie une jeune fille enceinte hors mariage, une rupture de fiançailles envisagée par celui qui vit la peine d’être trompé, des difficultés pour accoucher dans une ville inconnue, l’exil de la peur en Egypte, la peur du lendemain pour son enfant, la fugue d’un adolescent pendant 3 jours, les réponses compliquées de ce même adolescent à des parents désemparés… voila la VRAIE Sainte famille qui m’inspire et me donne de croire à un amour possible, un amour fragile une confiance à entretenir… tout le reste n’est que romance au gout sucré et désincarné.

Voici également votre méditation du dimanche.

« Réapprendre… ? » !

Réapprendre à croire ! N’est-il pas surprenant de suggérer que des chrétiens doivent constamment réapprendre à croire, quand chaque année commence le temps de l’Avent ? Pourtant à quoi servirait le retour liturgique des fêtes du Seigneur si ce n’était pour les revivre chaque fois avec des yeux tout neufs ? Quel recommencement fatigant serait la liturgie, s’il n’était envisagé comme un ré-apprentissage de la foi ! Nous « savons », pensons-nous, puisque depuis si longtemps nous fêtons Noël et Pâques et les événements de la vie du Seigneur. Même ceux qui ont quitté le giron de l’Église ont des idées toute faites sur ces événements et ne voient pas pourquoi ils s’y attarderaient. Ne serait-ce pas en même temps que ceux qui encore les célèbrent, manquent singulièrement de vitalité et qu’ils les reproduisent trop machinalement pour avoir quelques impacts sur ceux qui ne les suivent pas.

Réapprendre à croire, chaque année !

Au début de l’Avent, ne pourrait-on pas dire : « que vais-je découvrir encore cette année que je ne connais pas ? » Et quand arrive Noël, ne pourrais-je pas me dire « serai-je vraiment en phase avec l’événement ? » Événement considérable car n’est-ce pas le Verbe qui s’est fait chair ? Et si le Verbe a vraiment habité sur notre terre humaine, poserai-je encore tout au long de l’année des questions bêtes sur « Dieu » comme s’il n’était pas « né » ? Car, s’il est « né », je sais où le trouver et je peux reconnaître qui il est. En fixant les yeux sur l’enfant de Noël, avec la question sur son devenir, je pourrais lentement percevoir comment fonctionne Dieu dans nos situations humaines et enrichir ma foi, ma vie de ce que je découvrirai. Le goût de Dieu pour moi se développera et la vie avec lui poursuivra sa croissance. Le retour liturgique ne sera plus la roue qui tourne chaque année, en ramenant les mêmes impressions du passé, mais sera ce lieu vital où se parfait ma vie  et la pousse en avant vers sa seule destinée : Le Père.

Réapprendre à croire !

Jésus, au milieu des docteurs, ne nous incite-t-il pas à nous laisser déloger de nos façons de voir et donc à être encore et toujours disposés à apprendre à croire. Marie et Joseph semblaient très bien placés pour connaître l’enfant. Après tout n’avaient-ils pas l’un et l’autre été gratifiés d’annonciation et de songe ? Privilégiés de Dieu, ne détenaient-ils pas « sur lui » tout ce qu’il fallait savoir ? L’enfant pouvait-il encore avoir pour eux quelques secrets ? Et le cœur d’une mère, comme on se plaît à dire pour mettre en valeur le rôle de Marie, n’avait-il pas décelé tout ce qu’était son enfant ? La réponse est bien simple en constatant la surprise de la mère et du père. L’angoisse qu’ils ont vécue, à cause de la disparition de l’enfant, se double de la surprise de l’entendre leur répondre qu’ils auraient dû savoir que Jésus a un père et qu’il doit s’occuper des « affaires paternelles ». (Lc 2, 49). Marie et Joseph invités à comprendre ce qu’ils viennent d’entendre doivent, ne vous semble-t-il pas, encore apprendre à croire ? Ce n’est pas un vain mot puisque Marie elle-même en gardant dans son cœur les paroles entendues doit longuement les porter pour apprendre leur signification. (Lc 2, 51). Vivre dans l’attente, puis célébrer  Noël, enfin suivre le Christ en vivant le parcours liturgique,  c’est refaire le chemin que Joseph et Marie ont parcouru eux-mêmes et apprendre comme eux l’identité du Christ qu’ils connaissaient un peu sans le connaître vraiment.

Apprendre ou réapprendre ?

C’est apprendre constamment qui est chose importante. Mais quand on dit réapprendre, c’est pour casser l’idée que l’on saurait déjà, alors  que, pourtant c’est loin d’être le cas. Le vice de forme de notre vie chrétienne, c’est de croire qu’on croit et de cesser de chercher à savoir. Quelle illusion dommageable ! Elle empêche le monde de se laisser surprendre par l’imprévu de Dieu qui oriente nos vies. Qui se dirait chrétien sans réapprendre à croire serait comme un païen qui referait des gestes sans chercher à comprendre. De dimanche en dimanche, nous allons cheminer, parole après parole ; marcherez-vous au pas de chaque liturgie ? Dans cette réflexion deux idées s’entrecroisent. L’une sur la nécessité de réapprendre à croire à chaque nouvel Avent, l’autre sur cette même nécessité illustrée par Marie et Joseph qui justement, croyant connaître l’enfant qui leur est confié, doivent pourtant encore en faire la découverte.

Pour être chrétien vivant, que faut-il faire ?

Suis-je prêt à réapprendre à croire ?

26/12/2009

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