La miséricorde ? « No limit » !

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Et si le pardon n’existait pas ? Si les peuples, les familles, les amoureux ne se pardonnaient pas ? Si l’homme ne se pardonnait pas à lui-même ? Si nous n’étions jamais pardonnés ? Si nous ne demandions jamais pardon ?

Et bien la vie serait infernale ! Une vis sombre faite de rancœurs et d’escalade de vengeance et de haine ou pire : de mépris et d’indifférence.

Le manque de pardon est parent du meurtre, de la vie refusée et volée.

A 3 jours de Noël souvenons-nous, la venue du Seigneur est une manifestation de la Vie, une vie éternelle qui conteste la haine et tout ce qu’elle engendre… Quelle joie ! Quelle délivrance ! Le Pardon est possible.

Il est un sacrement qui permet de rencontrer et d’expérimenter la miséricorde du Seigneur. C’est le Sacrement du Pardon, de la réconciliation la confession, de pénitence  et tous les noms que vous voudrez lui donner en fonction de votre âge, de votre catéchisme, de votre culture. Peu importe dans le fond, quand on espère la puissance de la miséricorde. Ces différents noms qui décrivent le sacrement, révèlent une facette de ce « diamant-sacrement ». Pourtant  ce sacrement n’est pas aimé : on en a peur, alors on procrastine, on recule, on oublie…

Oh mais toutes les bonnes excuses je les connais, et je vous livre une confidence : je les utilise quelque fois, avant de sourire de mes formules auxquelles dans le fond je ne crois pas une seconde (je n’ai pas de péché, je ne sais pas quoi dire, etc.) pour simplement me jeter dans la miséricorde du Seigneur par la médiation d’un frère prêtre, en tête à tête.

Mais comment se passe une confession ? Qu’est ce que l’on y raconte ?

Finalement en étant prêtre nous sommes les seuls à « entendre » ce que les uns et les autres ne partagent jamais en société… Et bien ce que je peux en dire et sans rien trahir du secret de confession c’est ceci : comme prêtre, comme homme, comme frère je suis tout petit devant ce qui se dit, les situations exposées, mais surtout devant la miséricorde infinie de Dieu.

J’apprends petit à petit à me simplifier en vérifiant combien nous nous imposons tous des masques, des vies inventées dont on serait un héros zéro défaut, or nous avons tous besoin d’être sauvés. Quelle grâce que ce moment où l’on se décide à rencontrer le Seigneur pour lui dire « là tu vois Seigneur… je n’y arrive pas, c’est lourd… trop lourd… je ne sais pas comment me défaire de cette addiction à la pornographie qui détruit mon couple, à cette colère qui telle une bête est tapie en embuscade au fond de moi et qui à la moindre contrariété se jette sur les autres : mon enfant, mon époux,… et cette impuissance que je constate à voir mes enfants s’émanciper dans une direction que je n’aurai pas voulu pour eux… j’ai si peur pour eux.  Et mon enfant qui est homosexuel qu’ai-je raté, qu’ai-je mal fait ?  Et cette impression de ne pas exister dans mon couple depuis que je suis mariée et que j’ai donné naissance à un enfant que je n’aime pas… Et moi la religieuse qui ne peux vivre mon vœu de chasteté, et moi qui ne vis que dans le mensonge, et moi qui ai peur d’aimer car jamais je n’ai ressenti d’amour dans mon enfance, et moi qui ai été battu lorsque j’étais enfant qui suis terrorisé à l’idée de reproduire cette violence sur mes enfants aujourd’hui… et moi qui… et moi qui… et moi qui…

Pas ici de catastrophisme ! Non ! Mais voila la réalité de notre vie, de notre terre ! Voila le vécu de chacun d’entre nous ! A différents degrés bien sur, mais tout de même !

Mais réjouissons-nous !

Tout ceci est assumé par l’amour du Seigneur, un avenir est possible. La venue du Seigneur au cœur du monde en est la promesse. Nous ne pouvons pas nous en sortir tout seul, mais en être « sorti » avec le Seigneur ! La miséricorde infinie de Dieu est  là offerte, disponible. Aucune vie, aucune existence n’est perdue devant le Seigneur… aucune vie n’est foutue en somme !

Oh oui, redécouvrons le doux sacrement de Pénitence et Réconciliation pour stopper et déposer (même si c’est court, et même si nous retomberons) le cercle infernal de nos culpabilités, de nos addictions, de nos pulsions, de nos… et de nos… bien sur ce n’est pas une formule magique, en revanche c’est la marque de la « non résignation » et l’occasion de laisser Dieu déployer sa force dans notre faiblesse. Ne jamais se résigner, et se relever, encore et encore et encore… voilà la marque de la confiance « no limit » dans le Seigneur !  C’est le sacrement de résistance au mal, le notre celui que l’on subi et celui dont nous sommes complices. Peu à peu, confessions après confessions en la miséricorde, le Seigneur avec patience va nous recréer, nous sauver, nous restaurer. Nos relations avec nos frères, notre amour, nos enfants,… auront une 2e - 3e, 1000e chance… Avec Noël toute la promesse de cette recréation nous est offerte.

Enfin je suis convaincu qu’un bon confesseur, car il y en a de moins bons, doit faire lui-même l’expérience de la miséricorde régulièrement pour être passeur de miséricorde. Sans cela il se raconte des histoires et risque d’écraser la personne qui vient vivre ce sacrement.

Un prêtre qui se serait résolu à ne pas vivre de l’amour du Seigneur, un prêtre qui se serait résolu à ne plus vouloir lui-même se laisser sauver, tirer de sa nuit vers la lumière par le Seigneur aura du mal à être passeur de miséricorde. Oh il aura les bonnes formules convenues toutes faites, mais … il manquera l’amour que le Seigneur donne au-delà des bons mots appris par cœur.  Un bon confesseur est je crois d’abord un grand pécheur qui a non seulement conscience de sa misère mais qui surtout fait l’expérience de la miséricorde pour lui-même… et cela peut aller loin, très loin… la force de Dieu est d’être « no limit » dans le Pardon.

Alors à quelques jours de Noël si ce n’est déjà fait, retrouvons le chemin du sacrement individuel (bien sur !) de Pénitence et Réconciliation. Allez courage ! Il vous, il nous attend !

22/12/2009

3 Réponses pour “La miséricorde ? « No limit » !”

  1. Redigé par David:

    et un petit crédit photo… merci! ;)

    sujet important… mais je tiquerais sur le « bien sûr » lié à individuel. pour l’absolution, je le crois, pour la démarche, je crois tout de même que la démarche collective qui me réintègre à un corps est importante: alors
    -lire ensemble la parole
    -se préparer en Eglise
    -rencontrer personnellement un prêtre
    -partager la joie d’être sauvé en Eglise.

    bref, individuel, mais avec une portée ecclésiale telle. il ne faudrait pas que cela ne soit qu’une petite douche perso! , non?

  2. Redigé par Sebastien:

    lol… yes merci pour la photo :-)
    oui bien sur la dimension ecclésiale ! Dans sa préparation, mais aussi et surtout dans son renvoi, Finalement je crois qu’au delà de la préparation qu’il faut vraiment travailler pour ne pas en faire un « petit truc » (on lit vite fait le fils prodigue on aligne deux trois petits larcins (j’ai fait ceci et pas cela…) et hop, on est préparé ! Je sais je suis un peu dur là… pardon… quoi que…! En tous les cas je suis persuadé qu’il y a l’importance du moment de l’envoi de la personne « réconciliée » au coeur de l’Eglise, du monde, de la famille de tout ses réseaux… c’est bien là le coeur du sacrement apprendre à vivre en sauvé et donc ainsi manifester l’Evangile. Mais il est vrai que le problème est profond et que ce sacrement est « chargé » de représentations plus ou moins apaisées. au coeur du coeur finalement, comment recevoir le don de la miséricorde de Dieu ? Comment se sentir concerné par ce don individuellement mais aussi et surtout au sein du monde ?

  3. Redigé par CATHERINE:

    Difficile la sincérité dans la confession! Les mots pour dire, voilà le problème…quels mots pour exposer une situation vécue et qui fait difficulté dans la vie, surtout dans une séance de « confessions » à la chaîne où le brave prêtre qui officie doit en avoir plein les oreilles des petits pêchés des fidèles pratiquants et bigots! J’ai connu la confession à l’Église de la rue de la Chaussée d’Antin, prés de la gare Saint Lazare à Paris. Le lieu prévu à cet effet (confessionnal moderne ou le prêtre et son visiteur sont isolés, mais assis face à face), la disponibilité des officiants venus uniquement pour le sacrement de pénitence, la possibilité de se confesser au moment où l’on en ressent le besoin étaient autant de facteurs qui facilitaient ce sacrement! Nous avons beaucoup à faire pour qu’il redevienne « essentiel » à nos vies de Chrétiens!